CashfulnessCashfulness
Télécharger Cashfulness
Leçon 2

Débit et crédit en comptabilité en partie double, avec quatre exemples de la maison

25 octobre 202626 min

En bref

En comptabilité en partie double, le débit et le crédit sont les deux colonnes de chaque compte : le débit à gauche, le crédit à droite. Ils ne veulent pas dire sortie et entrée. Le côté dépend de la famille du compte : les actifs et les charges augmentent au débit ; les passifs, le patrimoine net et les produits augmentent au crédit. C'est pour ça qu'un salaire encaissé va au débit du compte courant et au crédit du compte de produits.

Cette page accompagne la leçon 2 du cours vidéo gratuit "Partie double, pas à pas". Les montants sont des exemples tirés de l'histoire de la famille d'Anna, que nous suivons pendant tout le cours : les mêmes que dans la vidéo.

Regardez la leçon

Plus bas, vous trouverez les quatre écritures en tableaux, avec leurs totaux, la règle des cinq familles et, à la fin, la transcription.

Le salaire arrive, et la ligne va au débit

Le 5 mars, le salaire d'Anna arrive : 2 000 euros sur le compte courant. Sur le relevé de la banque, il est dans la colonne Crédit. Et pourtant, dans les comptes d'Anna, la ligne du compte courant va au débit.

Si vous pensez que débit veut dire de l'argent qui sort, ça ressemble à une erreur. Ce n'en est pas une.

Le débit et le crédit sont les noms de deux colonnes : le débit à gauche, le crédit à droite. La colonne où va une ligne, c'est le type de compte qui la décide, pas la direction de l'argent. Ils ne veulent pas dire sortie et entrée. Ni dette et prêt. Ni mauvais et bon.

Je vous le montre avec quatre faits du mois d'Anna, dans l'ordre : le salaire, les courses, un dîner payé avec la carte de crédit, et le jour du prélèvement de la carte.

Un compte, un T

En comptabilité en partie double, un compte se dessine comme un T, et c'est pour ça qu'on l'appelle un compte en T : en haut le nom, le débit à gauche, le crédit à droite.

Chaque fait s'enregistre par une écriture : au moins deux lignes, dans au moins deux comptes. Il peut aussi y en avoir trois, ou quatre. Une seule règle ne se discute pas : le total du débit est égal au total du crédit.

Premier cas : le salaire d'Anna

Pour les premiers pas, j'utilise une boussole simple : où va l'argent, et d'où il vient.

Les 2 000 euros vont au compte courant : débit, 2 000. C'est la ligne de tout à l'heure. Ils viennent du travail d'Anna, c'est-à-dire du compte Salaire Anna : crédit, 2 000.

5 mars · salaire d'Anna sur le compte courant

CompteDébitCrédit
Compte courant (actif, augmente)2 000,00 €
Salaire Anna (produit, augmente)2 000,00 €
Total2 000,00 €2 000,00 €

Salaire Anna est un produit : ce qui vous arrive de l'extérieur et vous rend plus riche. Et ici, débit ne veut pas dire que de l'argent sort. Ça veut seulement dire : colonne de gauche.

Alors pourquoi votre relevé écrit-il ce salaire au crédit ? Ce n'est pas une contradiction : la banque regarde votre compte de son côté. Pour elle, votre argent est une dette qu'elle a envers vous, et ses dettes augmentent au crédit. Dans vos comptes, au contraire, le compte courant est un actif, et sa ligne va au débit. Nous y revenons plus bas, dans la section sur le relevé et dans les questions fréquentes.

Deuxième cas : les grosses courses du 6 mars

Le lendemain, Anna fait de grosses courses au supermarché : 85 euros avec la carte de débit. L'argent va au compte Supermarché, qui est une charge, ce que vous consommez et qui ne revient pas : débit, 85. Il vient du compte courant, qui baisse : crédit, 85.

6 mars · grosses courses avec la carte de débit

CompteDébitCrédit
Supermarché (charge, augmente)85,00 €
Compte courant (actif, diminue)85,00 €
Total85,00 €85,00 €

Maintenant, regardez le compte courant. Le 5 mars, sa ligne était au débit, le 6 mars au crédit. Le même compte, la colonne opposée, parce qu'un jour il monte et le lendemain il baisse. Aucune des deux colonnes n'est la bonne.

Là où la boussole se grippe

Jusqu'ici, la boussole marche. Mais le 14 mars, Anna et Luca dînent au restaurant et paient 60 euros avec la carte de crédit, dont la banque ne prélève le montant que le mois suivant. Du compte courant, rien ne sort.

L'argent va au restaurant, d'accord. Mais d'où vient-il, si le compte d'Anna n'a pas bougé ? Et le 15 avril, quand la banque prélèvera ces 60 euros, est-ce que ce sera une deuxième charge ? La boussole ne sait pas répondre.

Et parfois, aucun argent ne bouge. Quand l'ETF d'Anna change de valeur, dans la leçon 8, pas un centime n'entre ni ne sort, et il faut pourtant enregistrer quelque chose.

"Où va l'argent, d'où il vient" est une aide pour les premiers exemples, pas la définition du débit et du crédit. Il faut la vraie règle.

La vraie règle : cinq familles de comptes

Chaque compte appartient à l'une des cinq familles :

  • Les actifs : ce que vous possédez, comme le compte courant ou la maison.
  • Les passifs : ce que vous devez, comme le prêt immobilier ou la carte de crédit.
  • Le patrimoine net : ce qui vous reste, une fois les dettes déduites.
  • Les produits : ce qui vous arrive de l'extérieur et vous rend plus riche, comme les salaires.
  • Les charges : ce que vous consommez, comme les courses ou un dîner.

Maintenant, la règle.

Les actifs et les charges augmentent au débit. Les passifs, le patrimoine net et les produits augmentent au crédit. Chaque famille diminue du côté opposé.

FamilleAugmente auDiminue auSolde normalDans l'histoire d'Anna
ActifDébitCréditDébit (débiteur)Compte courant, Résidence principale, ETF
ChargesDébitCréditDébit (débiteur)Supermarché, Restaurants
PassifCréditDébitCrédit (créditeur)Prêt immobilier, Carte de crédit
Patrimoine netCréditDébitCrédit (créditeur)Soldes d'ouverture (leçons 3 et 6)
ProduitsCréditDébitCrédit (créditeur)Salaire Anna, Salaire Luca

La colonne "Solde normal" dit de quel côté se trouve d'habitude le solde d'un compte. Dans le compte courant d'Anna, par exemple, le total du débit est plus grand que le total du crédit : son solde est du côté du débit, et les manuels l'appellent un solde débiteur. Ici, débiteur veut seulement dire que le solde est du côté du débit. Le "compte débiteur" de votre banque, c'est autre chose : la section sur le relevé, plus bas, explique la différence.

Le Plan comptable général, le texte qui fixe les règles de la comptabilité des entreprises françaises, range les comptes en deux groupes. Les comptes de bilan (classes 1 à 5) : ce qu'on possède, ce qu'on doit, les capitaux propres. Les comptes de gestion (classes 6 et 7) : les charges et les produits, qui forment le compte de résultat. Il définit aussi la partie double elle-même : chaque mouvement est représenté par "une écriture qui établit une équivalence entre ce qui est porté au débit et ce qui est porté au crédit des différents comptes affectés par cette écriture" (article 1031-1). Pour une famille, les capitaux propres s'appellent le patrimoine net : la leçon 3 explique pourquoi.

Cette règle, ce n'est pas moi qui l'ai inventée, ni Cashfulness, l'application que j'ai créée pour tenir les comptes de la maison en partie double. C'est le principe de la partie double, et il vaut pour chaque écriture, avec deux lignes ou plus.

Pourquoi justement comme ça

Il y a une raison derrière ce partage. D'un côté, vous mettez ce qu'Anna possède et ce qu'elle a consommé : les actifs et les charges. De l'autre, d'où vient tout cela : les dettes, le patrimoine qu'elle avait déjà, les produits.

Les deux côtés valent toujours la même chose, à l'euro près. C'est pour ça qu'ils sont dans des colonnes opposées. C'est vrai pour chaque écriture, donc pour toutes ensemble.

La boussole, au fond, était une version simple de cette idée : où est allée la valeur, et d'où elle est venue. Seulement, la valeur n'est pas toujours de l'argent, et une dette est un "d'où" qui ne passe jamais par le compte courant.

Le signe : un choix de Cashfulness

Dans Cashfulness, la même règle s'écrit aussi avec un signe. Une ligne au débit porte un signe plus, une ligne au crédit porte un signe moins. C'est une convention de Cashfulness, pas une loi : beaucoup de manuels n'utilisent que les deux colonnes.

L'avantage est pratique : une écriture équilibrée fait toujours zéro.

5 mars · la même écriture, avec le signe de Cashfulness

CompteColonneAvec le signe
Compte courantDébit+2 000,00 €
Salaire AnnaCrédit−2 000,00 €
Somme0,00 €

Mais le signe vous dit seulement dans quelle colonne est la ligne. Salaire Anna porte un moins 2 000, et pourtant il a augmenté. Pour savoir si un compte augmente ou diminue, il faut regarder de quelle famille il est.

Les deux premiers cas, avec la règle

  • Compte courant, un actif qui augmente : débit.
  • Salaire Anna, un produit qui augmente : crédit.
  • Supermarché, une charge qui augmente : débit.
  • Compte courant, un actif qui diminue : crédit.

La boussole tombait juste parce qu'ici, un compte d'argent bougeait face à une charge ou à un produit. Mais la boussole raisonne en argent. Quand une dette s'en mêle, soit l'argent ne bouge pas, soit il bouge dans le sens qui trompe.

Troisième cas : le dîner avec la carte. À vous

À vous de jouer. Le dîner du 14 mars, 60 euros avec la carte de crédit. La première ligne, je vous la donne : Restaurants est une charge, et elle augmente, donc débit, 60.

Il vous manque la seconde. Quel compte augmente, en plus de Restaurants ? Et dans quelle colonne va-t-il ? Essayez de répondre avant de lire la suite.

C'est la carte de crédit. C'est un passif : depuis ce soir-là, Anna doit 60 euros à la banque qui lui a donné la carte. Les passifs augmentent au crédit : crédit, 60. Le compte courant ne bouge pas.

14 mars · dîner avec la carte de crédit

CompteDébitCrédit
Restaurants (charge, augmente)60,00 €
Carte de crédit (passif, augmente)60,00 €
Total60,00 €60,00 €

Dans une seule écriture, il y a deux choses : une charge, parce que le dîner, ils l'ont déjà mangé, et une dette, parce qu'ils ne l'ont pas encore payé.

Quatrième cas : le 15 avril, on paie la carte, pas le dîner

Le 15 avril, la banque prélève les dépenses de la carte : 60 euros sortent du compte courant. Le compte courant est un actif qui diminue : crédit, 60. L'autre ligne va à la carte de crédit. La dette baisse, et les passifs diminuent au débit : débit, 60.

15 avril · règlement de la carte de crédit depuis le compte courant

CompteDébitCrédit
Carte de crédit (passif, diminue)60,00 €
Compte courant (actif, diminue)60,00 €
Total60,00 €60,00 €

La carte de crédit a reçu 60 euros au crédit le 14 mars et 60 euros au débit le 15 avril. La dette du dîner revient à zéro.

Et la charge ? Il n'y en a aucune. La charge est née en mars, le soir du dîner. Le 15 avril, Anna ne consomme rien de nouveau : elle règle une dette.

Une écriture équilibrée, et pourtant fausse

Imaginons qu'Anna enregistre le prélèvement du 15 avril comme une charge de Restaurants.

Volontairement faux : ne l'enregistrez pas comme ça

CompteDébitCrédit
Restaurants (charge)60,00 €
Compte courant (actif)60,00 €
Total60,00 €60,00 €

Les deux totaux sont égaux : l'écriture est équilibrée. Et pourtant, elle est fausse. Le compte Restaurants arrive à 120 euros pour un dîner de 60, et la carte dit toujours qu'Anna doit 60 euros, qu'elle a déjà payés.

Le contrôle de l'équilibre vérifie la forme de l'écriture, pas que vous avez choisi les bons comptes. Ça, vous le vérifiez avec la règle des familles.

Une précision. Ces 60 euros ne portent pas d'intérêts. Si la carte facturait des intérêts, ces intérêts, eux, seraient une charge. Avec la mensualité du prêt immobilier, dans la leçon 4, nous les séparons du capital.

Les quatre écritures, l'une après l'autre

Voici les quatre faits dans le journal, c'est-à-dire la liste des écritures par date. Chaque ligne a son explication : de quelle famille est le compte, et s'il augmente ou diminue.

DateCompteFamille · effetDébitCrédit
5 marsCompte courantactif · augmente2 000,00 €
Salaire Annaproduit · augmente2 000,00 €
6 marsSupermarchécharge · augmente85,00 €
Compte courantactif · diminue85,00 €
14 marsRestaurantscharge · augmente60,00 €
Carte de créditpassif · augmente60,00 €
15 avrilCarte de créditpassif · diminue60,00 €
Compte courantactif · diminue60,00 €
Total2 205,00 €2 205,00 €

Le total du débit fait 2 205 euros, et celui du crédit aussi. Avec le signe de Cashfulness : plus 2 205, moins 2 205, zéro.

Personne n'a ajusté le total à la fin : chaque écriture était déjà équilibrée à elle seule.

Les manuels français ont un verbe pour chaque colonne : écrire au débit d'un compte, c'est le débiter ; écrire à son crédit, c'est le créditer. Les courses du 6 mars débitent le compte Supermarché et créditent le compte courant. Dans une entreprise, ces écritures se passent au journal, avec les numéros des comptes du Plan comptable général à la place des noms ; puis chaque compte est reporté au grand livre. Le Journal de Cashfulness porte le même nom que ce livre-journal. Attention au relevé de la banque, où les mêmes mots se lisent dans l'autre sens : c'est la section suivante.

Débit et crédit sur votre relevé de banque

Sur un relevé de compte, la banque inscrit au crédit l'argent qui arrive, comme les virements de salaires, et au débit l'argent qui sort, et elle dit que votre solde est créditeur ou débiteur. Ce sont les mêmes mots que dans vos comptes, mais vus de l'autre côté : pour la banque, l'argent de votre compte est une dette qu'elle a envers vous. Quand votre salaire arrive, cette dette augmente, et la banque l'écrit à son crédit. Dans vos comptes, le compte courant est un actif : la même somme va à son débit.

Pour la même raison, un compte débiteur, pour la banque, est un compte à découvert : c'est vous qui lui devez de l'argent. Dans vos comptes, un compte courant à découvert devient une dette, avec un solde au crédit.

Dans le Journal de Cashfulness

Dans la vidéo, les mêmes écritures s'ouvrent dans Cashfulness, dans l'espace que nous utilisons pour l'histoire d'Anna. Si vous ouvrez une écriture dans le "Journal", vous voyez trois colonnes : Compte, Débit, Crédit. En dessous se trouve la ligne Total, avec le total du débit et le total du crédit. Dans le règlement de la carte du 15 avril : la carte de crédit dans la colonne Débit, le compte courant dans la colonne Crédit, et en dessous 60 et 60.

À côté des montants, il y a une flèche : vers le haut dans la colonne Débit, vers le bas dans la colonne Crédit. La flèche indique la colonne, pas si le compte monte ou baisse. Dans le règlement du 15 avril, la carte de crédit est dans la colonne Débit, avec la flèche vers le haut, et sa dette baisse.

Dans le Journal, les montants apparaissent sans signe, chacun dans sa colonne. Le plus et le moins restent internes à l'application : ils servent à la façon dont elle enregistre les lignes.

Ce qui est principe général et ce qui est un choix de Cashfulness

Principes généraux de la comptabilité en partie double

  • Chaque fait touche au moins deux comptes, et dans chaque écriture le total du débit est égal au total du crédit. Une écriture peut avoir trois lignes ou plus.
  • Les actifs et les charges augmentent au débit ; les passifs, le patrimoine net et les produits augmentent au crédit. Chaque famille diminue du côté opposé.
  • "Où va la valeur, d'où elle vient" est un raccourci pour apprendre, pas une définition. Il marche bien quand un compte d'argent bouge face à une charge ou à un produit ; avec les dettes, il devient ambigu, et il ne sert à rien quand aucun argent ne bouge (une réévaluation, un solde d'ouverture).
  • Une écriture équilibrée n'est pas forcément juste : le prélèvement de la carte enregistré comme une charge est équilibré lui aussi, mais il compte le dîner deux fois. Le contrôle de l'équilibre vérifie la forme ; le classement se vérifie avec la règle des familles, et les mouvements oubliés avec le rapprochement bancaire, dans la leçon 7.
  • Rembourser une dette n'est pas une charge nouvelle. Les intérêts et les frais, s'il y en a, sont des charges de la période.

Choix de Cashfulness

  • Le signe : une ligne au débit a un signe plus et une ligne au crédit un signe moins, ainsi chaque écriture équilibrée fait zéro. Le signe indique la colonne, pas si le compte augmente : un produit qui augmente a un signe moins.
  • Les flèches du Journal : vers le haut à côté des montants du débit, vers le bas à côté de ceux du crédit. Là aussi, la flèche indique le côté, pas la direction du solde.
  • Dans le plan de comptes de l'application, les actifs sont répartis en deux groupes, "Actif+" et "Actif-". C'est une grille de lecture de Cashfulness, que nous voyons dans la leçon 5. Pour le débit et le crédit, rien ne change : ce sont tous des actifs, et ils augmentent au débit.

Choix de celui qui tient les comptes

  • Combien de comptes ouvrir et comment les appeler : ici un compte de salaire par personne, Salaire Anna et Salaire Luca, et Restaurants séparé de Supermarché. La partie double ne l'impose pas.

Les montants sont des exemples et servent à montrer le mécanisme. Les salaires sont nets, et dans ces quatre faits il n'y a ni frais ni intérêts.

Questions fréquentes

Le salaire va-t-il au débit ou au crédit ?

Aux deux, dans des comptes différents. Le compte courant, qui est un actif et augmente, reçoit une ligne au débit. Le compte du produit, par exemple Salaire, reçoit une ligne au crédit, parce que les produits augmentent au crédit.

Pourquoi mon relevé écrit-il le salaire au crédit, alors que dans mes comptes le compte courant va au débit ?

Parce que la banque tient votre compte de son côté. Pour elle, l'argent que vous avez sur le compte est une dette envers vous, c'est-à-dire un passif : quand votre salaire arrive, cette dette augmente, et la banque l'écrit à son crédit. Dans vos comptes, au contraire, le compte courant est un actif : l'entrée va au débit, et au crédit va la ligne du compte Salaire. Les deux versions sont justes : elles regardent le même compte de deux côtés.

Pourquoi la banque dit-elle que mon compte est débiteur quand je suis à découvert ?

Pour la même raison. Quand vous êtes à découvert, c'est vous qui devez de l'argent à la banque : pour elle, votre compte est une créance, donc un actif, et un actif a un solde au débit. Dans vos propres comptes, un débit n'a rien d'inquiétant : votre compte courant, quand il est approvisionné, a normalement son solde au débit.

Le prélèvement de la carte de crédit, est-ce une charge ?

Non, si l'achat a déjà été enregistré le jour où il a été fait. Le prélèvement réduit le compte courant (crédit) et réduit la dette envers la carte (débit) : aucune charge nouvelle. L'enregistrer comme une charge compterait deux fois le même achat. Les intérêts et les frais de la carte, s'il y en a, sont bien des charges.

Débit veut-il dire sortie, et crédit entrée ?

Non. Dans le compte courant et dans les autres comptes d'actif, c'est même l'inverse : l'argent qui entre est une augmentation et va au débit. Dans un passif, une dette qui grandit va au crédit. Le côté dépend de la famille du compte. Et le crédit ne veut pas dire non plus un prêt : c'est seulement le nom de la colonne de droite.

L'exercice de la vidéo : le plein de 50 euros

Sous la vidéo, je vous propose un fait à enregistrer vous-même : vous faites le plein pour 50 euros et vous payez avec la carte de crédit. Voici la solution.

Le plein payé avec la carte de crédit

CompteDébitCrédit
Transports (charge, augmente)50,00 €
Carte de crédit (passif, augmente)50,00 €
Total50,00 €50,00 €

Le compte courant ne bouge pas avant le prélèvement de la carte. Dans l'espace d'Anna, le carburant va dans le compte Transports ; chez vous, le nom du compte de charges est libre.

Transcription de la leçon

Le texte de la leçon 2, tel qu'il est dit dans la vidéo. Les chiffres sont les mêmes que dans la vidéo.

Le 5 mars, le salaire d'Anna arrive : 2 000 euros sur le compte courant. Sur le relevé de la banque, il est dans la colonne Crédit. Et pourtant, dans les comptes d'Anna, la ligne du compte courant va au débit. Si vous pensez que débit veut dire de l'argent qui sort, ça ressemble à une erreur. Ce n'en est pas une.

Le débit et le crédit sont les noms de deux colonnes : le débit à gauche, le crédit à droite. La colonne où va une ligne, c'est le type de compte qui la décide, pas la direction de l'argent. Ils ne veulent pas dire sortie et entrée. Ni dette et prêt. Ni mauvais et bon. Je vous le montre avec quatre faits du mois d'Anna, dans l'ordre : le salaire, les courses, un dîner payé avec la carte de crédit, et le jour du prélèvement de la carte.

En comptabilité en partie double, un compte se dessine comme un T. C'est pour ça qu'on l'appelle un compte en T. En haut le nom, le débit à gauche, le crédit à droite. Chaque fait s'enregistre par une écriture : au moins deux lignes, dans au moins deux comptes. Il peut aussi y en avoir trois, ou quatre. Une seule règle ne se discute pas : le total du débit est égal au total du crédit.

Revenons au 5 mars. Pour les premiers pas, j'utilise une boussole simple : où va l'argent, et d'où il vient. Les 2 000 euros vont au compte courant : débit, 2 000. C'est la ligne de tout à l'heure. D'où viennent-ils ? Du travail d'Anna, c'est-à-dire du compte Salaire Anna : crédit, 2 000. Salaire Anna est un produit, c'est-à-dire ce qui vous arrive de l'extérieur et vous rend plus riche. Et ici, débit ne veut pas dire que de l'argent sort. Ça veut seulement dire : colonne de gauche.

Alors pourquoi votre relevé écrit ce salaire au crédit ? Ce n'est pas une contradiction : la banque regarde votre compte de son côté. Pour elle, votre argent est une dette qu'elle a envers vous, et ses dettes augmentent au crédit. Dans vos comptes, au contraire, le compte courant est un actif, et sa ligne va au débit. C'est aussi pour ça qu'un compte débiteur, pour la banque, est un compte à découvert : c'est vous qui lui devez de l'argent.

Le lendemain, grosses courses au supermarché : 85 euros avec la carte de débit. L'argent va au compte Supermarché, qui est une charge : ce que vous consommez et qui ne revient pas. Débit, 85. Il vient du compte courant, qui baisse : crédit, 85. Maintenant, regardez le compte courant. Le 5 mars, sa ligne était au débit. Le 6, au crédit. Le même compte, la colonne opposée, parce qu'un jour il monte, et le lendemain il baisse. Aucune des deux colonnes n'est la bonne.

Jusqu'ici, la boussole marche. Mais le 14 mars, Anna et Luca dînent au restaurant et paient 60 euros avec la carte de crédit, dont la banque ne prélève le montant que le mois suivant. Du compte courant, rien ne sort. L'argent va au restaurant, d'accord. Mais d'où vient-il, si le compte d'Anna n'a pas bougé ? Et le 15 avril, quand la banque prélève ces 60 euros, est-ce une deuxième charge ? La boussole ne sait pas répondre. Et parfois, aucun argent ne bouge : quand l'ETF d'Anna change de valeur, dans la leçon 8, pas un centime n'entre ni ne sort. Il faut la vraie règle.

Chaque compte appartient à l'une des cinq familles. Les actifs : ce que vous possédez, comme le compte courant ou la maison. Les passifs : ce que vous devez, comme le prêt immobilier ou la carte de crédit. Le patrimoine net : ce qui vous reste, une fois les dettes déduites. Les produits : ce qui vous enrichit de l'extérieur, comme les salaires. Les charges : ce que vous consommez, comme les courses ou un dîner. Maintenant, la règle. Les actifs et les charges augmentent au débit. Les passifs, le patrimoine net et les produits augmentent au crédit. Chaque famille diminue du côté opposé. Cette règle, ce n'est pas moi qui l'ai inventée. Ni Cashfulness, l'application que j'ai créée pour les comptes de la maison. C'est le principe de la partie double.

Il y a une raison derrière ce partage. D'un côté, vous mettez ce qu'Anna possède et ce qu'elle a consommé : les actifs et les charges. De l'autre, d'où vient tout cela : les dettes, le patrimoine qu'elle avait déjà, les produits. Les deux côtés valent toujours la même chose, à l'euro près. C'est pour ça qu'ils sont dans des colonnes opposées. Et la boussole, au fond, était une version simple de cette idée : où est allée la valeur, et d'où elle est venue.

Dans Cashfulness, la même règle s'écrit aussi avec un signe. Une ligne au débit porte un signe plus. Une ligne au crédit porte un signe moins. C'est une convention de Cashfulness, pas une loi : beaucoup de manuels n'utilisent que les deux colonnes. L'avantage est pratique : une écriture équilibrée fait toujours zéro. Mais le signe vous dit seulement dans quelle colonne est la ligne. Salaire Anna porte un moins 2 000, et pourtant il a augmenté. Pour savoir si un compte augmente ou diminue, il faut regarder de quelle famille il est.

Relisons les deux premiers cas, avec le tableau sous les yeux. Compte courant, un actif qui augmente : débit. Salaire Anna, un produit qui augmente : crédit. Supermarché, une charge qui augmente : débit. Compte courant, un actif qui diminue : crédit. La boussole tombait juste parce qu'ici, un compte d'argent bougeait face à une charge ou à un produit. Mais la boussole raisonne en argent. Quand une dette s'en mêle, soit l'argent ne bouge pas, soit il bouge dans le sens qui trompe.

À vous de jouer. Le dîner du 14 mars, 60 euros avec la carte de crédit. La première ligne, je vous la donne : Restaurants est une charge, et elle augmente. Donc débit, 60. Il vous manque la seconde. Quel compte augmente, en plus de Restaurants ? Et dans quelle colonne va-t-il ? Prenez un instant pour essayer.

C'est la carte de crédit. C'est un passif : depuis ce soir-là, Anna doit 60 euros à la banque qui lui a donné la carte. Les passifs augmentent au crédit : crédit, 60. Le compte courant ne bouge pas. Dans une seule écriture, il y a deux choses. Une charge, parce que le dîner, ils l'ont déjà mangé. Et une dette, parce qu'ils ne l'ont pas encore payé.

Le 15 avril, la banque prélève les dépenses de la carte : 60 euros sortent du compte courant. Le compte courant est un actif qui diminue : crédit, 60. L'autre ligne va à la carte de crédit. La dette baisse, et les passifs diminuent au débit : débit, 60. La dette du dîner revient à zéro.

Et la charge ? Il n'y en a aucune. La charge est née en mars, le soir du dîner. Le 15 avril, Anna ne consomme rien de nouveau : elle règle une dette. Si elle enregistrait le prélèvement de la carte comme une charge, le dîner compterait deux fois, 120 euros de restaurants. Et la carte dirait qu'Anna doit encore 60 euros, qu'elle a déjà payés.

Une précision. Ces 60 euros ne portent pas d'intérêts. Si la carte facturait des intérêts, ces intérêts, eux, seraient une charge. Avec la mensualité du prêt immobilier, dans la leçon 4, nous les séparons du capital.

Voici les quatre écritures, l'une après l'autre. Chaque ligne a son explication : de quelle famille est le compte, et s'il augmente ou diminue. Le total du débit fait 2 205 euros. Le total du crédit, 2 205 euros. Avec les signes de Cashfulness : plus 2 205, moins 2 205, zéro. Personne n'a ajusté le total à la fin : chaque écriture était déjà équilibrée à elle seule.

Les mêmes écritures sont dans l'espace d'Anna, dans Cashfulness. Voici le prélèvement de la carte du 15 avril, ouvert dans le Journal, le registre des écritures. Trois colonnes : compte, débit, crédit. La carte de crédit au débit, le compte courant au crédit, et en dessous le total : 60 et 60. Regardez bien les flèches. Vers le haut à côté du débit, vers le bas à côté du crédit. Elles indiquent la colonne, pas si le compte monte ou baisse. Ici, la carte de crédit est au débit, avec la flèche vers le haut, et la dette baisse. Maintenant, le dîner du 14 mars : la charge au débit, la carte au crédit, et l'écriture est équilibrée.

Si vous ne deviez retenir qu'une idée, retenez celle-ci. Le débit et le crédit sont deux colonnes : le côté dépend de la famille du compte, pas de la direction de l'argent. Maintenant, nous pouvons lire non seulement les mouvements, mais aussi ce que vous possédez et ce que vous devez. Dans la prochaine leçon, nous passons en revue tous les comptes d'Anna au 1er mars, et nous voyons ce qui lui reste une fois les dettes déduites. Les quatre écritures d'aujourd'hui, avec le tableau des familles, sont sur la page de la leçon. Le lien est dans la description.

La leçon précédente

Leçon 1 · La partie double à la maison : la méthode de 1494 qui marche toujours. Pourquoi le solde ne suffit pas, et pourquoi chaque fait s'écrit dans au moins deux comptes. Avec les courses de 32 euros et la tirelire de Sofia.

La prochaine leçon

Leçon 3 · Patrimoine net : le chiffre que votre solde ne montre pas. Anna a 5 000 euros sur son compte courant. Au 1er mars, nous passons en revue tous ses comptes, avec la maison et le prêt immobilier, et nous voyons ce qui lui reste une fois les dettes déduites.

Essayez avec vos propres comptes

J'ai créé Cashfulness pour tenir les comptes de la maison en partie double. Si vous voulez essayer la règle avec vos propres chiffres, commencez par un dîner payé avec la carte de crédit : vous choisissez les deux comptes, et l'application veille à ce que l'écriture soit équilibrée.

Découvrez Cashfulness

Sources

  • Luca Pacioli, Summa de arithmetica, geometria, proportioni et proportionalita, Venise, 1494, traité Particularis de computis et scripturis : la première description imprimée de la méthode de la partie double.
  • Autorité des normes comptables, règlement ANC n° 2014-03 relatif au Plan comptable général, version consolidée au 1er janvier 2026 : article 1031-1 (la partie double) et article 1111-1 (cadre comptable : comptes de bilan, classes 1 à 5 ; comptes de gestion, classes 6 et 7). Ce sont des règles pensées pour les entreprises : une famille n'est pas tenue de les appliquer.
  • Institut national de la consommation, Le compte bancaire : l'ouverture d'un compte : ce que la banque inscrit au crédit et au débit du compte, et ce que sont un solde créditeur et un solde débiteur.
  • Manuel d'utilisation de Cashfulness, chapitre Qu'est-ce que Cashfulness, section "La partie double, rendue simple".
  • Les exemples viennent de l'histoire de la famille d'Anna, créée pour le cours "Partie double, pas à pas" : chaque écriture est vérifiée, avec le total du débit égal au total du crédit.

Vittorio Giusti est économiste et psychologue, et il a créé Cashfulness.

— Vittorio Giusti